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Une vie décidément infraordinaire

Passer le code, c'est toujours une aventure un peu excitante (un peu humiliante aussi à mon âge, mais c'est un autre problème).

Je prends la voiture avec Bernard mon moniteur et un autre aspirant conducteur.

Bernard est à un an de la retraite, il fume pas mal, râle beaucoup (surtout quand je lui interdit de fumer dans la voiture).

On va jusqu'à Genevilliers en voiture. Je découvre que Genevilliers n'est pas un parfum de glace.

La convocation est pour 15h, l'examen devant débuter à 15h30.

A 16h, je me retourne pour la centième fois sur mon siège, il me reste moins de 20% de batterie, et comme je n'ai pas pris mon bouquin de code, je ne peux même pas réviser pour passer le temps.

L'appel débute enfin. Mes voisins d'attente répètent inlassablement Tu vas voir, ça va être nous les derniers : raté, c'était moi la dernière.

L'examinatrice est aussi affable que Claude Guéant. Je m'installe tout au fond de la salle, sur la seule chaise disponible, et rajuste ma petite laine, la clim' étant à fond pour pour décourager les plus faibles. Toute petite au fond derrière plein de très grands, je contrarie la sélection naturelle par ma grande souplesse pour tenter d'apercevoir l'écran, aka décroche-toi suffisamment le cou pour que l'examinatrice vienne s'installer juste à côté de toi, des fois que tu essayerais de gruger pas utlra discrètement. 

 

Je gloupse* à plusieurs reprises jusqu'à la fin du test. 

Je gloupse* à plusieurs reprises jusqu'à la fin des résultats pour les candidats me précédant, assistant à quelques cris de joie et crises de larmes.

Mon tour vient enfin. La porte de prison, pardon l'examinatrice, m'annonce laconiquement que c'est bon.

Je gloupse* de soulagement. 

 

Bernard est revenu nous chercher. Entre temps, il a eu le temps de faire des cours de conduite et de traverser l'Atlantique sud à la nage sans les mains. Je fanfaronne de plaisir dans la voiture, il me ramène à la réalité : le code n'est valable que trois ans, pfff après tout ça ne fait que deux ans que je suis inscrite à l'auto-école. Il aura quand même droit à sa bouteille de champ' le jour où je décrocherai le papier rose.

Je fanfaronne de plaisir sur Facebook. On me demande au passage si j'organise quelque chose pour mes dix-huit ans... cette journée est définitivement merveilleuse. 

 

* je prédis à ce verbe une destinée digne du Larousse (ou au moins de Larusso)

Published by Chipolata - - Confessions intimes

commentaires

Jerry 23/05/2012 22:34

Ton verbe gloupser me rappelle le verbe gravlouser, qui avait connu un succès certain à parkingsurcourville vers la fin des années 0 (ben oui, maintenant on est dans les années 10).

Chipolata 24/05/2012 08:53



Gravlouser. Ca me plait beaucoup

Une vie décidément infraordinaire

Une vie encore, toujours plus et décidément infraordinaire

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