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Une vie décidément infraordinaire

A quatre-vingt-quatorze ans, elle n'a depuis longtemps plus toutes ses dents.

Parfois un voile obscur se pose sur son regard, lorsqu'elle évoque ses inquiétudes ou les drames qui ont secoué la famille.

J'aime bien la grand-mère de Petite Taupe : ses doigts abimés par l'âge, ses pieds usés par une intense vie de travail, et ses yeux le plus souvent rieurs.

Il m'a fallu du temps pour l'apprivoiser. Nous nous vouvoyons toujours, je comprends à présent tout ce qu'elle dit, malgré son accent prononcé - sa langue maternelle n'est pas le français. Elle me comprend également bien, j'ai l'habitude de parler aux personnes âgées, j'utilise alors ma voix la plus claire, ma diction la plus articulée. 

Je lui demande si elle a pris des photos de ses descendants dans la nouvelle maison qui est la sienne - une chambre, parmi d'autres, ayant vue sur les Vosges. Il n'y a que des vieux comme elle là-bas, mais elle est presque autonome et a les idées claires.

Elle me répond qu'elle attend son prochain arrière-petit-enfant. Je lui demande: Chez qui ? Chez vous, pardi ! 

Eclats de rire de toutes parts. Le message est passé. Et la grand-mère de Petite Taupe m'a bien mouchée.

Published by Chipolata - - La familia

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Une vie décidément infraordinaire

Une vie encore, toujours plus et décidément infraordinaire

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