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Une vie décidément infraordinaire

J'ai beaucoup hésité à publier cet article. Par pudeur, par supersition. Et puis merde, on est entre nous ici. Je me lance.

Dès le début, nous en avions parlé, et il m'avait dit : zéro, deux, trois ou quatre, mais pas d'enfant unique. Cela me convenait bien et nous avons cessé d'y penser pendant des années, avant que le sujet ne revienne sur le tapis et dans nos esprits. 

Petite Taupe a du mal à formuler les mots "j'ai envie d'un enfant", car pour lui, avoir envie signifie n'avoir aucune crainte (autant dire qu'il n'avait ni envie qu'on emménage ensemble, ni qu'on se marie, ni qu'on prenne le Chat) (oui, tant d'optimisme m'effraie parfois). Mais il réfléchit à des prénoms, et en parle avec des étoiles dans les yeux.

De mon côté je suis passée par différentes phases : un jour j'aurais un enfant, un jour j'aurais un enfant et je réparerai mes propres blessures de jeunesse, un jour j'aurais un enfant mais après être devenue Présidente du monde, pour finir par j'ai envie d'un enfant de l'homme que j'aime, que nous élèverons de notre mieux pour en faire un adulte heureux et autonome sans transférer nos fantasmes ni nos frustrations sur lui, et rien ne m'empêchera de devenir mère et de rester une working-girl (et une amoureuse lubrique) épanouie. 

Alors nous finissons par laisser sa place au hasard. Sans attendre vraiment, en espérant pourtant. Je deviens plus sensible, je compte les jours quand j'ai l'impression d'avoir du retard. Je vais même faire un test, une prise de sang, et accueillir mes règles avec une pointe d'agacement et deux semaines de retard. Episodiquement, j'ai la peau qui devient grasse ("ah ça m'a fait ça que je suis tombée enceinte"), les nichons et le ventre qui se gonflent, la gerbe (sans commentaire). Les mois passent, ça n'arrive toujours pas.

Parfois j'y pense comme une dingue, quand je garde mes neveux ou que je vois les enfants pooshoo de mes potes j'ai le coeur qui craque et je voudrais tellement qu'on en ait un à nous, sans avoir besoin d'en kidnapper un. Quand une femme m'annonce sa grossesse, je me réjouis pour elle mais je me dis que je serais encore plus heureuse si c'était pour moi.

J'y pense, et puis j'oublie, parce que j'aime ma vie telle qu'elle est, et que surtout, surtout je n'ai pas envie de me transformer en Docti-internaute, racontant mes visites chez le gygy et mes essais BB. Je ne veux pas croiser les femmes enceintes jalouse, aigrie. Je ne veux pas baiser parce que c'est la meilleure façon de concevoir mais parce que j'en ai envie. 

Alors j'attends. Mais je commence de plus en plus à regarder méchamment les gros ventres dans la rue. Shit.

Published by Chipolata - - Trucs de cuples

commentaires

Olympe 19/09/2012 15:21

Je n'en doute pas une seule seconde, et c'est tout le meilleur que je vous souhaite .... même si ça doit être en faisant des cartons sous hormones ^10 !

Chipolata 20/10/2012 17:16



On verra bien :)



Olympe 19/09/2012 08:11

La féministe en moi est sûre que tu parviendras à tout concilier, travail, éducation, amour, (sexe). Néanmoins ..... Par le rythme de ta vie en ce moment, y'a t'il un peu de place pour que
quelqu'un d'autre s'installe sans déranger une routine millimétrée ? Etre une working girl accomplie, est ce être toujours prête à tout donner pour son boulot ?

Chipolata 19/09/2012 08:38



Je suis organisée, mais ma vie n'est pas si rangée. Et je donne beaucoup au boulot oui, parce que je reçois aussi énormément. Cependant mon ordre de priorité est modulable :)



Une vie décidément infraordinaire

Une vie encore, toujours plus et décidément infraordinaire

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